Sous l’encadrement de l’Etat, une Eglise en confiance…

L’Eglise catholique est, sans aucun doute, un acteur hautement stratégique de la société camerounaise. Elle jouit d’une influence significative, à la fois sur la population, mais aussi, sur la marche institutionnelle du pays, et le jeu des acteurs politiques. C’est la raison pour laquelle ses avis sont souvent pris en compte.

Dans un contexte de laïcité clairement affirmée par la Constitution, cette organisation religieuse a su construire un partenariat formel et agissant avec l’Etat du Cameroun. Un Accord-cadre a été signé à cet effet, en 2014, avec le Saint-Siège, pour fixer les bases de la collaboration entre les deux parties, et déterminer les champs d’intervention de l’Eglise au sein la société camerounaise.

C’est en vertu de cet Accord-cadre que l’Eglise catholique se déploie dans les domaines de l’éducation, la santé, l‘humanitaire, la paix sociale, la défense des droits de l’homme, en plus de sa mission de base qui est de promouvoir les valeurs et le culte chrétiens dans la société.

L’observateur attentif peut ainsi remarquer la volonté politique insufflée par le Président Paul BIYA qui permet à cette Eglise de se déployer pleinement, et de prendre position librement sur les sujets déterminants de la vie nationale, dans un esprit républicain et citoyen. L’on connaît ainsi, sans s’en émouvoir outre mesure, le caractère particulièrement critique des lettres pastorales des évêques du Cameroun, lors des grandes échéances politiques, ou lorsqu’il s’agit des questions liées à la dignité de l’homme.

Des œuvres de foi…

Il est dit qu’« une foi sans œuvre est une foi morte ». L’Eglise catholique du Cameroun n’échappe pas à cette citation biblique issue de l’épître de Jacques. Elle se l’applique en faisant notamment de l’éducation et de la santé, ses domaines privilégiés d’actions.

Chacun peut en juger : 646 écoles maternelles, 953 écoles primaires, 272 collèges de l’enseignement secondaire, 5 écoles normales des instituteurs, 17 universités et Instituts de l’enseignement supérieur, près de 500 000 élèves et étudiants à encadrer, plus de 20 000ouvriers de l’éducation et enseignants, etc.

Par des subventions régulières et substantielles, et un encadrement administratif et académique, l’Etat du Cameroun, de toute évidence, se fait le devoir d’accompagner et de soutenir le projet éducatif porté par l’Eglise catholique.    

L’essentiel de cette immense œuvre d’éducation se déploie en zone rurale, pour toucher de près les couches les plus vulnérables. Partout où elle est mise en œuvre, l’offre éducative catholique est grandement appréciée, et fortement sollicitée, notamment du fait de son approche de « formation humaine intégrale », mais aussi, pour ses performances probantes.

Année après année, en effet, les établissements catholiques occupent les premiers rangs dans le palmarès de l’Office du Baccalauréat, levier d’excellence qui permet d’identifier les meilleurs lycées et collèges, selon leurs taux de réussite. Les produits issus de ce moule catholique sont réputés brillants intellectuellement et bons humainement. Ils constituent une bonne frange de l’élite administrative et l’intelligentsia camerounaise…             

L’apostolat sanitaire et la bienfaisance…

Après l’éducation, le secteur de la santé est sans conteste le deuxième secteur de développement des œuvres missionnaires de l’Eglise catholique au Cameroun. Hôpitaux, dispensaires et centres de santé sont disséminés partout, dans les 26 diocèses que compte le pays.

Ici encore, les zones rurales sont particulièrement desservies. Le personnel soignant compétent et dévoué, des infrastructures et équipements modernes, la bonne organisation des services, la gestion rigoureuse des protocoles de soins et l’ancrage communautaire sont autant d’atouts qui bâtissent la réputation des établissements sanitaires catholiques.

A titre d’illustration, l’hôpital catholique de référence Sainte Elisabeth de Sishong, dans la région du Nord-Ouest, fait autorité dans le domaine particulier de la chirurgie cardiovasculaire. Fondé en 1935 par les Sœurs tertiaires Franciscaines, ce centre hospitalier confessionnel est devenu un pôle de référence en cardiologie en Afrique Centrale.

Par-dessus tout, l’Eglise catholique du Cameroun est particulièrement soucieuse de soigner d’abord spirituellement et socialement les cœurs. C’est le sens du programme « Justice et Paix » que chaque paroisse catholique est tenue de mettre en place, afin de promouvoir la dignité humaine, la justice sociale et la paix dans la société, à la lumière de de la doctrine sociale de l’Eglise. Inspiré par l’enseignement chrétien, ce programme vise à sensibiliser les fidèles et l’ensemble de la population aux valeurs de respect des droits humains, de solidarité, de bonne gouvernance et de résolution pacifique des conflits.

En soutien aux plus vulnérables dans la société, des activités caritatives prescriptives sont menées par chaque paroisse, à l’instar de la Caritas. Sa vocation est de manifester concrètement la charité chrétienne et la solidarité envers les plus démunis. Elle constitue le bras social de l’Eglise au niveau local avec pour mission de traduire l’évangile en actions de compassion, d’entraide et de partage au sein de la communauté.

Au bout du compte, la contribution socioéconomique de l’Eglise catholique au développement du Cameroun est réelle, variée et catalytique. Sous l’encadrement et l’appui constants de l’Etat, cette contribution s’enracine dans l’éthique chrétienne et dans les principes moraux de la doctrine sociale de l’Eglise.  

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