Entretien avec le Dr Moussa Oumarou, coordonnateur général du Conseil des Imams et dignitaires musulmans du Cameroun (CIDIMUC)

Monsieur le coordonnateur général, quel sens donnez-vous à la visite apostolique du Pape Léon XIV au Cameroun, du 15 au 18 avril 2026 ?

Nous sommes heureux et nous nous félicitons de la visite du Pape Léon XIV, Leader spirituel et Chef d’Etat, au Cameroun. Au regard des difficultés que nous connaissons dans notre pays, nous pensons que, hormis la dimension diplomatique de son déploiement, cette visite aura une forte connotation spirituelle et sociale. En effet, les contacts qu’il aura avec les différents acteurs et les prières qui seront élevées pendant cette période seront de nature à apaiser bon nombre de tensions, à rapprocher les communautés et à renforcer plusieurs fidèles dans la foi.

 Comment comptez-vous capitaliser votre voyage au Vatican en décembre 2025 à l’occasion de cette visite apostolique ?

Au mois de décembre 2025, nous avons eu effectivement le privilège et l’honneur d’être reçus par le Souverain Pontife au Vatican. Il importe de relever que nous comptons capitaliser ce voyage dans le sens du renforcement de la culture de la paix et du développement au sein de la communauté musulmane, et partant au sein de la nation camerounaise. Dans cette perspective, le CIDIMUC compte s’impliquer, dans la mesure du possible, dans des démarches de nature à favoriser le succès de cette visite d’Etat.

Des rencontres pour magnifier le dialogue interreligieux ont marqué les précédentes visites des Papes au Cameroun. Quel aura été leur impact sur la nécessaire cohabitation entre l’islam et les autres confessions religieuses, notamment le christianisme ?

 Le dialogue interreligieux a toujours été une préoccupation majeure pour les précédentes visites des Papes au Cameroun, sachant que la diversité de religions est une des caractéristiques fortes de notre pays. Nous dirions que l’impact de leurs séjours sur la nécessaire cohabitation entre l’islam et le christianisme réside d’abord dans l’effectivité de la cohabitation entre les membres desdites communautés religieuses. Ceci est une réalité vécue au quotidien par nos compatriotes. Ensuite, nous pouvons dire que le dialogue interreligieux est quelque chose dont les acteurs camerounais, en général, et le CIDIMUC, en particulier, se sont appropriés et les actions y afférentes sont menées au quotidien pour une meilleure cohésion sociale. Enfin, il y a lieu de relever que notre particularité au CIDIMUC est celle d’un nécessaire passage du dialogue interreligieux à l’action interreligieuse qui, elle, est un volet qui se veut concret avec l’implémentation des projets aux retombées sociales. Nous pensons que cette démarche est urgente.

En termes statistiques, que représente aujourd’hui l’islam au Cameroun ?

Pour ce qui est des statistiques, nous dirions que l’islam représente environ 40% au Cameroun.

Facebook
Twitter
LinkedIn