Acquis et Perspectives des Relations Cameroun-Vatican

Le Vatican est un État religieux, né à la suite des Accords de Latran entre Benito Mussolini, le Duce d’Italie, et le Secrétaire d’État du Pape Pie XI, du nom de Pietro Gasparri, Globalement, les Accords de Latran mettent fin à la question romaine qui, par l’annexion des États pontificaux, a fait de Rome la capitale d’Italie, la retirant ainsi du contrôle du Pape en 1870.

Par ces Accords, un État souverain est né, la Cité du Vatican. D’une superficie de 44 hectares, il comprend un certain nombre de bâtiments pontificaux disséminés dans la ville de Rome, sous l’autorité du principe juridique de l’exterritorialité. Cet État souverain a été placé sous l’autorité politique et spirituelle du Pape. Voilà pourquoi le Chef de l’État souverain du Vatican effectue des visites officielles à l’étranger, à l’invitation de ses homologues. C’est précisément le cas des déplacements officiels des papes au Cameroun.

Le Vatican, en tant qu’État souverain, a développé une diplomatie très dense dans le monde. Il a établi des relations diplomatiques avec presque tous les pays, y compris ceux qui n’ont pas pour religion principale le christianisme, mais qui respectent ses principes moraux, et sont ouverts à la liberté religieuse.

Avec le Cameroun, le premier contact diplomatique a lieu à la veille de l’indépendance, sous l’administration française, en décembre 1959. En effet, soucieux d’accompagner moralement et politiquement les jeunes États africains qui se préparent à accéder à la souveraineté internationale dans les années 1960, Sa Sainteté (S.S.) Jean XXIII, le Pape du concile Vatican II, commit, dans chaque pays concerné, un émissaire pour saluer cette démarche de liberté et de justice pour la dignité humaine, et souhaiter que le processus se déroule dans la paix, l’amour et l’unité, gages du progrès et du développement.

C’est ainsi qu’en décembre 1959, Mgr Jean Marie Maury fut envoyé au Cameroun. Au cours de la messe solennelle qu’il présida pour la circonstance en la Cathédrale de Yaoundé, le 31 décembre 1959, il tint ce propos.

« Bâtissez votre pays dans la fraternité et la paix, conditions sine qua non de son avenir et de sa prospérité ».

En 1966, lors de la visite à Rome du Président Ahmadou Ahidjo, à l’invitation du Pape Paul VI, des relations diplomatiques furent nouées entre la République du Cameroun et la Cité du Vatican, rapprochant alors les deux États au double plan spirituel et politique, et consolidant en même temps l’œuvre missionnaire, éducative et humanitaire de l’Église Catholique au Cameroun. L’accession du Président Paul BIYA à la magistrature suprême, le 6 novembre 1982, a renforcé, approfondi et structuré durablement cette coopération qui s’élève aujourd’hui à un niveau supérieur de dialogue et de confiance mutuelle.

En effet, c’est sous le régime du Renouveau que le Cameroun aura droit à trois visites papales rendues par deux papes: Saint Jean Paul II, en 1985 et en 1995, puis S.S. Benoît XVI, en 2009. Le voyage apostolique de S.S. Léon XIV, pour sa première tournée africaine, inscrit le Cameroun au rang des pays visités (15-18 avril 2026).

Il faut souligner à grand trait, d’une part, cette sollicitude des Pontifes romains qui font du Cameroun une destination privilégiée en Afrique, et d’autre part, cette propension du Cameroun à leur réserver un accueil empreint de ferveur spirituelle, de chaleur humaine et de grandeur symbolique. Cette double dynamique convergente est la traduction sincère d’un élan de foi caractéristique du Président Paul BIYA qui élève l’action politique vers une dimension morale et humaine. Elle est aussi l’expression sincère d’une foi vécue dans la dignité de la fonction présidentielle. Il ne s’agit pas seulement de simples commodités politiques ou diplomatiques, mais surtout d’une dimension de la foi d’un Chef d’État qui adhère à une réalité susceptible de contribuer, de manière significative au progrès social et moral de son pays. Les principaux centres d’intérêt de la diplomatie vaticane étant la dignité humaine, les droits de la personne humaine, le respect du bien commun, le développement intégral de l’homme…

De 1966 à nos jours, les acquis de la relation entre le Cameroun et le Vatican sont innombrables.

Sur le plan éducatif, les écoles et collèges catholiques rayonnent de manière remarquable dans les milieux scolaire et académique, depuis la fin du XIX siècle. Ils s’apprécient à la fois sur les plans moral, humain, social et national, et sont célébrés pour leur exigence académique, la qualité et le sérieux de l’encadrement.  L’Institut Catholique, devenu Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC), est établi au Cameroun. Il est régi par l’accord de siège signé en 1989 par l’Etat du Cameroun et le Saint-Siège.

Parmi les acquis majeurs de cette relation, il faut souligner cette volonté réciproque de rapprochement entre les deux États. Celle-ci s’est traduite par la nomination en 2002 d’un ambassadeur du Cameroun près le Saint-Siège avec résidence à Rome. En 2024, un Accord-cadre a été signé entre les deux États, pour régir le statut juridique de l’Église Catholique au Cameroun. Cet Accord est une avancée majeure dans le fonctionnement de l’Église qui est au Cameroun, car, il lui reconnaît une personnalité juridique, véritable levier de stabilité, de responsabilité et d’efficacité au bénéfice de l’Église elle-même, de l’État et de l’ensemble de la société. Ainsi, les congrégations religieuses peuvent s’installer dans notre pays et agir en leur nom propre, en vertu de leur capacité à détenir des droits et à assumer des obligations devant les juridictions, ce qui garantit une meilleure sécurité juridique de leurs activités. Bien évidemment, ceci ne remet pas en cause la laïcité de l’Etat du Cameroun, un pays où la liberté religieuse est garantie, vécue et protégée.

Bien sûr, il reste quelques défis à relever. Entre autres, le souci d’une saine collaboration. Cela exige une communication efficiente, juste et pacifique. L’Église, mieux, les religions et l’Etat sont appelés à collaborer pacifiquement pour le bien des populations qu’ils encadrent. A l’exigence de communication, s’ajoute l’esprit du dialogue qui doit prévaloir, pour que les malentendus ne donnent libre cours, ni à des oppositions stériles, ni à la haine des communautés. Chacun doit faire son travail, en toute autonomie, en toute responsabilité, pour que la cohésion sociale soit toujours garantie.

Bienvenue au Pape Léon XIV au Cameroun !!

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